
Carnets d'inspiration
Des palmeraies de Skoura aux dunes d'Erg Chigaga, une traversée lente ponctuée de maisons d'hôtes choisies pour leur âme.
Quand partir
D'octobre à avril
Durée idéale
8 à 12 jours
Budget conseillé
3 500 € à 7 000 € / pers.
Pour qui ?
Voyageurs en quête d'authenticité, amateurs de grands espaces
En quittant Marrakech vers le sud, la route franchit le Haut Atlas avant de redescendre vers ce que les Marocains appellent la route des Mille Kasbahs, entre Ouarzazate et Tineghir. Les paysages changent alors progressivement : aux sommets enneigés une bonne partie de l'année succèdent les vallées ocre, les kasbahs de terre et les premières palmeraies.
À une quarantaine de kilomètres de Ouarzazate commence l'oasis de Skoura, l'une des plus vastes du Sud marocain, plantée de plusieurs milliers de palmiers, d'oliviers et d'amandiers sur d'anciennes terres de lac asséché. La légende locale raconte que son nom viendrait d'Askour, la perdrix en amazigh, qui peuplait autrefois ce lac avant que des communautés venues du Drâa et du Tafilalet ne le drainent pour y installer leurs cultures. On y visite la kasbah Amridil, bâtie au dix-septième siècle et l'une des mieux conservées de toute la vallée du Dadès.
« La palmeraie reste une terre agricole vivante, pas un décor entretenu pour les visites. »


Ce qui distingue Skoura des étapes plus connues de la route des kasbahs, comme Aït Ben Haddou, c'est justement l'absence de mise en scène. La palmeraie reste une terre agricole vivante, pas un décor entretenu pour les visites : les habitants y cultivent encore blé, orge et luzerne à l'ombre des palmiers, comme ils le font depuis des siècles.
En poursuivant vers le sud, la route accompagne le cours du Drâa, le plus long fleuve du Maroc, à travers des villages de terre et des palmeraies qui semblent ne jamais finir. C'est l'une des traversées les plus spectaculaires du pays, et aussi l'une des moins photographiées, simplement parce qu'elle mène ailleurs qu'aux grands sites touristiques.
Puis vient M'Hamid, dernier village avant le désert proprement dit, et le point de départ vers l'Erg Chigaga. Contrairement à l'Erg Chebbi de Merzouga, accessible en voiture classique et visible depuis la route, l'Erg Chigaga se mérite : il faut compter une à trois heures de piste en 4x4 à travers la hamada, cette étendue rocheuse et plate, avant d'atteindre les premières dunes. En échange, l'erg est presque deux fois plus grand que celui de Merzouga, avec des dunes qui peuvent dépasser les deux cents mètres, et des campements bien plus espacés les uns des autres.



Les journées s'y écoulent au rythme du soleil : longues marches dans les dunes, déjeuner à l'ombre d'une tente, et le soir, un ciel que l'éloignement des villes rend particulièrement dense en étoiles, loin de la pollution lumineuse que l'on trouve parfois à Merzouga.
Il faut être honnête sur ce que ce choix implique. La piste jusqu'à l'Erg Chigaga est longue et parfois inconfortable, surtout en pleine chaleur, ce qui explique pourquoi nous conseillons d'y partir entre octobre et avril. Les campements y sont aussi plus rudimentaires que dans un hôtel classique, même dans leurs versions les plus soignées. Ceux qui cherchent un accès rapide et confortable au désert seront sans doute mieux servis à Merzouga.
Et c'est exactement pour cette raison que nous préférons l'Erg Chigaga. Un désert qui se laisse approcher en quelques minutes depuis un parking n'est plus tout à fait un désert, seulement une carte postale à portée de main. Ici, la longueur du trajet fait partie du voyage : elle sépare, physiquement, le monde qu'on quitte de celui qu'on découvre. Ce n'est pas le désert le plus facile du Maroc. C'est probablement le plus vrai.

« Ce n'est pas le désert le plus facile du Maroc. C'est probablement le plus vrai. »
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